Numéro 9 – Le(s) Présent(s)

Le(s) Présent(s)

Numéro 9 – Publication 25 mai 2019

 

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Comité de Rédaction 
Rédactrices en chef : Alice Burrows (Dr.), Gianna Schmitter (ED 122) et A’icha Kathrada (ED 120)
Secrétaires de rédaction : Marion Coste (Dr.) et Justine Le Floc’h (Paris 4)
Responsables du comité scientifique : Anne Sweet (Dr.) et Emilie Cheyroux (Dr.)
Chargée de finances : Priscilla Coutinho (Dr.)
Chargées de mission : Claire Poinsot (Dr.) et Fanny Auzeau (Dr.)
Responsable du dossier invité : Antonino Sorci (ED 120)
Chargée de communication : Alexia De Mari (ED 267)

Comité scientifique (Professeurs et Maîtres de Conférences)
Emmanuelle Avril, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 514, CREW
Carmen Ballestero de Celis, MCF, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 122, CLESTHIA
Lamia Boukhannouche, MCF, Université Blida 2, Laboratoire de phonétique Blida 2
Catherine Brun, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120, THALIM
Cristelle Cavalla, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 268, DILTEC
Claude Chastagner, Professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3, EMMA
Clément Thibaut, MCF, Paris 4, HDEA
Valérie Delavigne, MCF, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, CLESTHIA
Marie Franco, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 122, CREC
Martin Goutte, MCF, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 267, l’IRCAV
Céline Largier Vie, MCF, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 514, CEREG
David Lipson, MCF, Université Strasbourg, SEARCH
Carole Matheron, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120, CERC
Monica Michlin, Professeure, Université Paul-Valéry Montpellier 3, EMMA
Bertrand Rouby, MCF, Université de Limoges, EHIC
Valérie Spaëth, Professeure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 268, DILTEC
Mathias Stenle, MCF, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 267, IRCAV

Comité scientifique (Docteurs)
Fabien Landron, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED122
Camille Prunet, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, IRCAV
Christos Nikou, Sorbonne Université CRLC/EA 4510
Yann Descamps, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED514/EA4399
Julien Heurdier, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, CLESTHIA/EA 7345
Marie Moreau, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, EA4399
Blanchon Karine, Inalco (CEROI)
Bhawana Jain, Nice Sophia Antipolis, LIRCES
Maria Serafina Russo, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, DILTEC
Aude A. Gwendoline, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, Tract
Fadi Khodr, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120/THALIM
Mariangela Albano, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 268/HTL
Maeva Barrière, Université Toulouse Jean Jaurès 2, LLA CREATIS
Enrique Cortes Lavarride, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, IHEAL
Rajar Gmir Ezzine, Sorbonne Nouvelle – Paris 3/LaTTiCe
Sharhrzad Keshvari-Rad, Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Houda Landolsi, Sorbonne Nouvelle – Paris 3/CREDA/IHEAL
Annalisa Lombardi, Université de Rome La Sapienza
Meera Pereampalam, IRCA Université Sorbonne Paris Cité/ Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Luisa Assunção Pesché, Sorbonne Nouvelle – Paris 3/CREPAL

Comité de lecture
Juliette Al Abiad, doctorante, Paris-Sorbonne Paris 4, Institut de géographie de Paris
Mathilde Albisson, doctorante contractuelle, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 122
Alexandra Beausire, docteure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Eliza Benites, doctorante en cotutelle, University of Arizona et Sorbonne Nouvelle – Paris 3, IHEAL
Mariana Camargo, doctorante, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 267
Nada Daou, doctorante, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, DILTEC
Nora Galland, doctorante contractuelle, Université Paul Valéry-Montpellier 3
Rosanna Gangemi, doctorante, Université libre de Bruxelles et Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 514
Guillermo Hector, doctorant, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120
Fazia Khaled, docteure, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 514
Anne Lagière, docteure, université Paris-Sorbonne.
Charlotte Laure, doctorante contractuelle, Sorbonne Nouvelle – Paris 3.
Tatiana Monassa, doctorante contractuelle, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 267.
Bauvarie Mounga, docteure, Université de Genève.
Charles Plet, doctorant en cotutelle, Université de Montréal et Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120.
Camille Roelens, doctorant, UJM Saint-Etienne, ED EPID.
Yannan WU, doctorante, Sorbonne Nouvelle – Paris 3, ED 120.

Numéro évalué par le comité de lecture des Presses Sorbonne Nouvelle.
Avec le soutien des écoles doctorales, la Commission de la recherche et du FSDIE de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.
Illustration de couverture : Realidades remediadas, ©Hansel Obando
Illustrations à l’intérieur du numéro : ©Inès Prévot
Conception graphique et mise en page : Inès Prévot

ISSN 2105-1135

 

Le numéro – Sommaire – Résumés

Editorial

Inès Prévot : La résilience libanaise. Des présents sans lendemain 

 

Alice Desquilbet : La poétique de l’Anthropocène, « un présent sans avenir » dans Les Sept Solitudes de Lorsa Lopez de Sony Labou Tansi

Résumé : Le roman Les Sept Solitudes de Lorsa Lopez installe son lecteur dans un présent ressenti comme « le temps de la fin » dont parle Bruno Latour à propos de notre Anthropocène, porteur d’une charge géologique aussi intense qu’irrémédiable et marqué par la présence de « Gaïa ». Il s’agit de comprendre quels liens le présent de la fiction de Sony Labou Tansi entretient avec un avenir qui n’est plus à venir. Aussi l’écrivain congolais élabore-t-il une poétique de la finitude du présent, loin de toute tentative de maîtrise du temps. Cette fragilité est prise en charge par le style d’écriture sonyen qui prend le temps de nommer la contradiction d’un présent humain à la fois limité et ouvert sur l’infini géologique. Mon hypothèse est que le présent dans lequel Sony Labou Tansi installe sa fiction coïncide de façon troublante avec l’Anthropocène, vécu comme l’âge de l’intrusion de la Terre dans l’histoire humaine.

 

Jeanne Castillon : Personne ne peut photographier le vent. L’insaisissable présent dans Le Vent de Claude Simon

Résumé : Le présent article propose une étude sur l’élaboration du présent d’écriture qui prend forme pour la première fois chez Claude Simon dans son roman Le Vent paru en 1957. Cette poétique est en lien étroit avec la pratique photographique qui, seule, aux yeux de Claude Simon, est capable de saisir l’instant présent. Nous mènerons cette étude la lumière des propres réflexions de l’écrivain sur ses pratiques photographiques et littéraires et des analyses de penseurs majeurs de l’image (Walter Benjamin, Roland Barthes et Pascal Quignard). Avec Le Vent, Claude Simon démonte les rouages de la chronologie classique du roman traditionnel afin de se maintenir au présent de l’écriture.

 

Marcela Rivas-Jamett : Réalisme social et avant-gardisme : représentation de la mort en Espagne au XIXe siècle

Résumé : La représentation de la mort dans la peinture espagnole de la fin du XIXe siècle suscite une réflexion esthétique sur le potentiel visuel de l’événement contemporain. D’après Emmanuel Alloa la représentation ne représente pas l’absent, mais présentifie un présent déjà connu et reconnu, requérant ainsi un traitement morphologique évocateur de l’instantanéité de la mort. Dans les œuvres de Joaquín Sorolla et José Jiménez Aranda, l’indicateur temporel de la lumière, focalisé sur le corps de métiers marginalisés, fait surgir le réalisme social. Une volonté mémorielle que les procédés esthétiques impressionnistes et photographiques, au cœur des avant-gardes, dérèglent, transgressent par leur « caractère vivant » et par leur statut d’image active, où s’annihile la distance temporelle, sollicitant la participation du regardant.

 

Alexandre Melay : Fossilisation de l’instant photographique. Vers une mémoire du temps chez Sugimoto

Résumé : L’artiste japonais Hiroshi Sugimoto construit une photographie conceptuelle interrogeant l’instant présent comme instant photographique. Dans la série Seascapes, Sugimoto réalise des images monochromes, où les mers du monde entier se révèlent dans la métaphore d’un paysage originel et d’un futur infini. Les photographies documentent ainsi l’impermanence des rythmes de l’univers et du passage du temps, permettant de percevoir l’éternité dans l’instant présent. L’acte photographique sert de cadre rituel à une approche méditative du réel, où la surface lisse invite au vide et au silence. Car ces paysages marins, en s’opposant au trop-plein d’images que notre société produit dans une accélération et une dématérialisation, laissent place à du vide, qui demande à être contemplé, pour mieux apprécier l’instant présent en se concentrant sur l’essentiel d’un « éternel contemporain ».

Dossier invité

Dove Allouche : Pétrographie_1, 2014

François Hartog : Le primat du contemporain

Nathalie Heinich : Grandeur et présence

Jérôme Meizoz : Enseigner la littérature contemporaine française… en Suisse romande !

Géraldine Moreau : Le temps d’apprendre : représentations des temporalités d’un apprentissage professionnel

Résumé : L’article propose une confrontation de deux objets d’étude a priori différents mais dont certains éléments convergents permettent de repérer la place du présent et du temps au sein des représentations des apprentis en formation professionnelle. Les deux objets concernés sont le mime corporel et l’ébénisterie, considérés comme activités de création, reposant sur un savoir-faire technique, lequel requiert un important engagement du corps et une nécessaire incorporation d’un certain nombre de gestes. Le présent qui nous intéresse ici est donc principalement celui qui se déploie durant la phase d’apprentissage : quelles temporalités s’articulent au sein d’une formation professionnelle technique ? Comment sont-elles perçues par les apprentis recevant la formation ? Et, enfin, comment le chercheur peut-il capter et rendre compte de ces temporalités ?

 

Léa Maroufin : Le facsimilé de la grotte Chauvet : appréhender le temps de la préhistoire dans l’intensité du temps présent

Résumé : En 2015, le facsimilé de la grotte Chauvet, la Caverne du Pont d’Arc, ouvre ses portes. Sans descendre physiquement sous terre, le visiteur fait l’expérience d’un monde souterrain. Cependant, les artifices entrapparaissent : le visiteur alterne d’un état d’omission, où le lieu fait illusion, à des moments ponctuels de discernement. Par l’apport des méthodes ethnographiques (observations et entretiens semi-directifs auprès des visiteurs et des guides), cette recherche vise à décrire les mécanismes agissant sur le visiteur et permettant son immersion. Néanmoins, le visiteur est conscient de l’artifice et la réussite de l’expérience est conditionnée par sa capacité à interagir avec le dispositif d’exposition. Ainsi, les visiteurs développent des aptitudes pour se réapproprier les règles et changer mentalement d’époques. L’étude présente une expérience immersive qui n’est pas progressive, mais qui s’établit au contraire brutalement et à des degrés variés.

Esther Cam-Ly Cyna : L’Histoire mobilisée : réactualiser San Antonio v. Rodriguez, 1973

Résumé : En 1973, l’arrêt de la Cour Suprême San Antonio v. Rodriguez établit que l’éducation n’est pas un droit fondamental couvert par la constitution fédérale aux États-Unis. Plus de quarante ans après, Michael Rebell, professeur à l’université de Columbia, entreprend de rouvrir ce procès en collaboration avec des historiens. Quel est le rôle de la recherche historique dans cette démarche ? Quelles interprétations divergentes de la situation présente émergent de la collaboration des avocats et historiens ? L’exemple d’un procès en cours aux États-Unis éclaire la question de l’utilisation de l’histoire et de la démarche judiciaire. La recherche historique se soumet aux exigences du présent et se confronte à la nécessité immédiate de construire une argumentation efficace pour les tribunaux américains.

 

Héloïse Van Appelghem : « Time’s Up ! » : 2018, le « temps révolu » des représentations sexistes à l’écran ?

Résumé : Le scandale Weinstein a entraîné une remise en question de l’industrie cinématographique hollywoodienne, tout comme la lecture de certaines œuvres. Le médium filmique nous permet d’évaluer notre propre rapport au monde, en étudiant par exemple la représentation des femmes, leur place aussi bien dans la société qu’au cinéma. Porter un nouveau regard sur notre capacité à considérer les femmes comme des personnages à part entière dans la fiction permet aux chercheurs et chercheuses comme au grand public de mettre au jour les inégalités économiques et la sous-représentation féminine au cinéma. Au prisme des cultural and gender studies, la réception et l’interprétation des films permettent de lier représentations sexistes passées et questionnements du présent, et donc de présentifier autrement les inégalités de genre.

 

Isabelle Debyser : Vincent Macaigne, un théâtre furieusement et nécessairement au présent

Résumé : En dix ans, Vincent Macaigne s’est fait un nom sur la scène contemporaine, notamment grâce au succès d’Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, sa réécriture d’Hamlet  qui a séduit de nombreux spectateurs au Festival d’Avignon, où ce spectacle a été créé en juillet 2011, mais qui a aussi divisé la critique. Comme d’autres metteurs en scène contemporains, Vincent Macaigne séduit autant qu’il déplaît. En effet, on aime ou on déteste les cris, le bruit et la fureur qui caractérisent ses spectacles, de même que son habitude d’inciter le public à monter sur scène. Cet article vise à montrer que la théâtralité de ses spectacles est fondée sur un rapport très fort au présent, tant dans son écriture et sa façon de traiter le temps de la fiction que dans l’importance accordée à la représentation, nécessairement ponctuée de moments de fête ou de violence.

 

Biographie des auteurs

 

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