La revue Traits-d’Union a le plaisir d’inaugurer un cycle de rencontres s’inscrivant dans le prolongement des réflexions issues de précédentes journées d’études « L’involontaire : gestes, discours, pratiques » du 9 et 10 janvier 2026.
La rencontre se déroulera en visioconférence.
L’involontaire proustien : de la mémoire au geste esthétique
Au-delà d’un simple épisode d’anamnèse, la mémoire involontaire chez Marcel Proust s’impose comme un véritable moment de rupture dans la connaissance du sujet : surgissements, coïncidences sensorielles, télescopages spatio-temporels restituent le passé proustien dans sa plénitude tant émotive que temporelle et corporelles, traçant ainsi le périple du narrateur de sa Recherche du temps perdu au Temps retrouvé. Odeurs, saveurs, sons, mélodies et textures deviennent les différentes facettes d’une expérience à cheval du corps et de l’esprit qui enclenche la genèse même de l’œuvre d’art.
Recevant Cécile Leblanc et Jean-Marc Quaranta, deux spécialistes de l’œuvre proustienne dans ses différents aspects, cette rencontre désire interroger la mémoire involontaire comme le fil d’Ariane de l’œuvre de Marcel Proust, dans son fond comme dans ses déclinaisons formelles. Les deux axes principaux de la discussion partiront de l’idée aujourd’hui communément admise du rôle joué par la mémoire involontaire dans la redéfinition de l’identité du sujet, comme dans celle de l’identité de l’œuvre d’art et du geste esthétique. Sur cette base, plusieurs autres interrogations surgiront au gré de la discussion : l’involontaire dans son rapport aux normes sociales, aux émotions en tout genre de la jalousie à l’amour en passant par le plaisir esthétique, du désir et de la sexualité, ou encore du passage du temps. Autant de manifestations qui nous rappelleront que l’involontaire proustien regorge d’intentions qui ont définitivement métamorphosé le rapport de ses héritier·ères que nous sommes tant au temps qu’aux modalités pour le ressusciter.



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